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Impact d'un rôle sur une actrice

Updated: Nov 7, 2023


Action! Un mois de vacances aux Etats-Unis et une obsession collective sur la platforme Netflix USA: In The Dark, une série télévisée produite par The CW. Perry Mattfeld/Murphy Mason, deux noms inconnus au bataillon! 52 épisodes en 30 jours, à coup de 2 épisodes par jour, et une fin sans fin, genre La Sirène du Mississippi de François Truffaut.


Cette série américaine est un OVNI, un petit bijou pour une vision boulimique comme on dit dans le jargon branché, une véritable découverte en pays inconnu: une aveugle irrévérancieuse, ennivrée et ennivrante, que l'on voudrait protéger (surtout pas!) ou claquer (certainement!) tant son côté trash et narcissique nous agace et nous fascine à la fois car elle ose faire ce que l'on ne peut pas faire au vu des convenances de la société. Bref, on la suit à l'aveuglette d'épisode en épisode, entourée d'amis fidèles (parfois idiots, surtout les hommes qu'elle prend et qu'elle jette comme des kleenex usagés) et soutenue par un cast d'acteurs (Brooke Markham, Casey Deidrick, Keston John, Morgan Krantz...et Levi/Trip-Pretzel, entre autres) à la hauteur d'une belle leçon de vie et d’amitié, de glissement de terrains dangereux où il ne vaut mieux pas trop s'interroger sur le bien et le mal.

Murphy: personnage anti-héros (une femme qui plus est), désagréable, manipulatrice, nymphomane, alcoolique. Mattfeld: un nom à retenir en son actrice qui porte toute la série sur ses fragiles épaules et qui réussit à rendre son personnage peu conventionnel sympathique. Un véritable tour de force. Et nous coulons de longs soupirs languissants dans ses yeux bleu-vert comme si on naviguait en eaux troubles avec plaisir et en parfaite connaissance d’une histoire forte en rebondissements qui va nous amener directement en enfer.

Cadeau empoisonné que cette série qui nous obsède au point de confondre Perry et Murphy et de voir la symbiose entre les deux prendre forme sous nos yeux en 52 épisodes bien léchés, avec une suite de moments tragicomiques qu'il fallait oser montrer en prime time. Mattfeld/Mason est certes très attachante dans ses habits communs, sans fard, avec ses cheveux longs qui lui cache ce visage qu'on voudrait angélique. Sa non-vision des choses nous permet d’imaginer tout au long de l’histoire l'animal en elle (la fin nous le confirme).

Avec sa robe tâchée de sang, façon Jackie Kennedy, la beauté de Perry/Murphy sous la noirceur du sujet nous est soudainement révélée par les artifices du maquillage et de l'habit de fête. Pirouette surréaliste du scénario, tout à coup nous voyons en flou des événements qui nous échappent, et qui nous mettent face à la claustrophobie du personnage qui panique: Murphy, c'est le chaos permanent, constamment en pétard contre tout et tout le monde, sarcastique, sur la défensive. Tout à coup vulnérable, sa carapace tombe enfin quand elle découvre qu'elle est amoureuse. Elle pourrait être heureuse, mais cela a un prix. Tous ceux qui s’approchent trop près d’elle se brûlent. Elle le sait.


Murphy a grandi en justesse pendant 4 saisons, tout comme son actrice (24 à 28 ans). La transformation est bluffante, Murphy devient Perry, souriante, ravissante comme ce diamant dans son écrin qu'on ose à peine toucher de peur de voir se tarir ce rictus radieux. Enfin libre, Murphy se doit de rendre justice. Il faut oublier le passé, mais la fin justifie-t-elle les moyens? C'est brutal, cru mais pur, comme on se lave de tout péché et de tout soupçon.

Perry Mattfeld, l'actrice, parle de Murphy, le personnage, comme d’une amie: "je suis extrêmement reconnaissante à Murphy de m'avoir donné beaucoup de confiance en ma propre vie. Elle a été écrite avec brio comme une femme imparfaite mais elle est audacieuse, authentique, confiante et forte. J'ai l'impression d'avoir eu la chance d'apprendre d'elle et d'apporter une partie de cela à ma propre voix en tant que Perry, et en tant que jeune femme". Quand un rôle comme celui-là vous est offert, il vous colle à la peau, et c'est bien difficile de s'en détacher et de l'abandonner complètement. L'impact du personnage sur son actrice est tel qu'elle doit jongler avec tout ce qu'elle a appris en cours d’art dramatique. Perry n'est pas dupe: surtout ne pas trop se dire qu'on a eu de la chance d'avoir joué Murphy pendant 4 ans à coup de longues journées de travail durant six mois par an presque en huis clos (Covid oblige), sinon ce serait trop facile de se reposer sur ses lauriers et d'attendre un autre rôle. "Grâce à Murphy, je sais que je peux aller encore plus loin, moi Perry".

Généralement un/e jeune acteur/rice commence par une ribambelle de petits rôles et enfin trouve un rôle qui va définir son parcours. Perry Mattfeld est une anomalie: bien qu'elle ait commencé tôt (5 ans) dans le métier (ballet, troupe musicale ambulante), elle obtient à 24 ans le rôle de Murphy Mason. Elle sait bien que c'est dangereux pour le futur de sa carrière mais elle a trouvé le bon filon: suivre son instinct avec des rôles à l'opposé de Murphy. A 29 ans, Perry a quitté cette routine si familière et la sécurité du feuilleton hebdomadaire pour retrouver le chemin des castings (qu'elle déteste mais c'est le jeu du métier) pour des rôles aussi forts que celui-là. D'ailleurs le personnage qu'elle incarne dans son nouveau film sorti en juin 2023, Mending The Line, est tout en nuance et sensibilité.

"Non rien de rien, non je ne regrette rien" entend-on dans In The Dark, et si Edith Piaf traverse en musique de fond l'histoire rocambolesque de Murphy Mason, son aura façon Houdini qui fait qu'elle s'en sort toujours malgré l'adversité, c'est pour mieux retenir le nom de Perry Mattfeld, une voix, des yeux métalliques, un corps de mannequin derrière un visage tourmenté, innocent, presque enfantin. On ne peut plus l’oublier.

Maintenant à savoir si dans le rôle principal de In The Dark il aurait fallu employer une actrice aveugle? C'est l'essence même d'une actrice que de jouer, d'interpréter et de rendre crédible un personnage: être la meilleure, rafler des récompenses, l'Oscar pourquoi pas, et se dire qu'après tout c'était le rôle d'une vie, avant les autres vies.

Dont acte.


Francoise Arnould


Photo Credits: The CW Network, Dia Dipasupil/Getty Images



Impact of a role on an actor

A month of vacation in the United States and a collective obsession with the ‘In The Dark’ (ITD), a television series produced by The CW (a US television network) on the Netflix platform. Perry Mattfeld as Murphy Mason, two names unknown to most of us! 52 episodes in 30 days, with 2 episodes per day, and an ending with no ending, like ‘The Mississippi Mermaid’ by François Truffaut. ITD is a little gem for a binging weekend.

This American series is a UFO, a real discovery in an unknown territory: an irreverent blind young woman in her 20s, intoxicated and intoxicating, whom we would like to protect (better not!) or slap (certainly) as her trashy and narcissistic side annoy and fascinate us because she dares to do what one cannot do in view of the norms of society. In short, we follow her blindly from episode to episode, surrounded by loyal friends (sometimes idiots, especially the men she picks up and throws away like used tissues) and supported by a cast of actors (Brooke Markham, Casey Deidrick, Keston John, Morgan Krantz...and Levi/Trip-Pretzel, among others) giving us a strong view of how life and friendships with its dangerous landslides can slip in a matter of minutes and where it is better not to wonder too much about good and evil.

Murphy, an anti-hero character (a woman moreover), unpleasant, manipulative, nymphomaniac, alcoholic. Mattfeld, a name to remember as an actress who carries the whole series on her fragile shoulders and who manages to make her unconventional character almost sympathetic. A real tour de force. And we sink with long languid sighs into her blue-green eyes as if we were navigating in troubled waters with pleasure, knowing perfectly well that this story full of twists and turns will take us straight to hell.

This series is a poisoned gift. It obsesses us to the point of confusing Perry and Murphy and when we see the symbiosis of the two before our eyes in 52 well-crafted episodes, be it happy, terrifying or tragicomic moments, that the producers dared to screen at primetime, we just give up. Mattfeld/Mason is certainly very endearing in her common clothes, with no make-up, with her long hair hiding this face that we believe to be angelic. Her non-vision of things allows us to imagine the animal in her (the end confirms this to us).

With her dress stained with blood, like Jackie Kennedy, the beauty of Perry/Murphy under the darkness of the subject is suddenly revealed to us by the artifices of make-up and party clothes. Surreal scenario, suddenly we see through her eyes the events which escape us, and which put us face to face with the claustrophobia of the character who panics. For Murphy, it is permanent chaos, she is constantly in firecracker mode against everything and everyone, sarcastic, defensive. But suddenly vulnerable, her shell finally falls when she finds out she's in love. She could be happy, but that has a price. Anyone who gets too close to her gets burned. She knows it.

Murphy grew up steadily throughout the 4 seasons, just like her actress (24 to 28 years old). The transformation is stunning, Murphy becomes Perry, smiling, ravishing like this diamond in its case that one hardly dares to touch for fear of seeing this radiant grin dry up. Finally free, she must take the law in her own hands. We must forget the past, but does the end justify the means? It's brutal, raw but pure, as one washes away all sin and all suspicion.

Perry Mattfeld, the actress, speaks of Murphy, the character, as a friend, "I am extremely grateful to Murphy for giving me so much confidence in my own life. She was brilliantly written as a flawed woman but she is bold, authentic, confident and strong. I feel like I had the chance to learn from her and bring some of that to my own voice as Perry, and as a young woman”. When a role like this is offered to you, it sticks to your skin, and it's very difficult to detach yourself from it and abandon it completely. The character's impact on her actress is such that she has to juggle everything she's learned during her acting course. Perry is not fooled, above all she shouldn’t convince herself that she was lucky enough to have played Murphy for 4 years, six months a year of long working days mostly behind closed doors (due to Covid), otherwise it would be too easy to rest on one’s laurels and wait for another role. "Thanks to Murphy, I know that I can go even further, me Perry”.

Generally, a young actor begins with a string of small roles and finally finds a role that will define his/her career. Perry Mattfeld is an anomaly, although she started early (at aged 5) in the artistic profession (ballet, travelling musical troupe), she was cast in the role of Murphy Mason at the age of 24. She understood the danger this posed for the future of her career but she has found the correct path and has followed her instinct with characters as far away from Murphy as possible. At 29, Perry left this familiar routine and the security of the ‘ITD’ weekly soap and returned to the world of auditions (which she hates but it's the name of the game) for roles as strong as this one. As it happens the character she embodies in her new film released in June 2023,"Mending The Line", is all in nuance and sensitivity.

As we hear Edith Piaf singing “Non rien de rien, non je ne regrette rien” in the background we understand Murphy Mason’s state of mind, and her Houdini-like aura that enables her to always pull through despite adversity, it's to better remember the name of Perry Mattfeld, a voice, metallic eyes, a model's body behind a tormented, innocent face, almost childlike.

Now to know if in the main role of ‘ITD’ it would have been necessary to employ a blind actress, why? It is the very essence of an actress to play, to interpret and to make a character credible, to be the best, to win an award, why not an Oscar? and to tell oneself that after all it was the role of one’s life, before other on-screen lives.

Duly noted. Cut!



Photo Credits: The CW Network, Dia Dipasupil/Getty Images



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